20 août 2007
Mortelle Aiguille…
L’aiguille
qu’elle avait déjà si souvent vu courir sur le cadran, lui semblait, là, avoir
un rythme effroyablement lent.
Catatonique,
les yeux rivés au plafond, plantée dans cette chambre à coucher, qu’elle
détestait autant qu’elle avait pu l’aimer, elle regardait s’égrener le temps…
Le
temps, elle l’avait amplement eu, le temps de réfléchir et de méditer sur cette
notion… Le temps, cette entité si relative, le temps si court, si long… Le
temps, ce « seul contenant qui pèse plus lourd quand il se vide »…
Oui,
elle le mesurait… depuis que sa vie s’était vidée, le temps avait pris un poids
phénoménal. Il était devenu si lourd qu’elle n’arrivait plus à le supporter…
Les
larmes avaient coulé… de rage, de tristesse et puis d’impuissance… Les larmes
avaient coulé, elles ne coulaient plus ; comme si elle s’était
« asséchée », elle ne parvenait même plus à pleurer…
Le
téléphone avait sonné, elle avait fini par le débrancher parce qu’elle ne
supportait plus de ne pas entendre sa voix au bout du fil. De toutes façons, il
lui fallait bien se résigner, elle ne téléphonerait pas…
Il
y avait déjà quatre jours qu’elle était là, comme ça, prostrée dans sa
solitude.
Quatre
jours sans aller travailler, sans même sortir, vide de tout désir, vide de
toute envie.
D’ailleurs,
seul le vide emplissait sa vie désormais : vide de son cœur, vide de
l’armoire où Line n’avait rien oublié en partant…
Si,
il y avait une chose qu’elle avait oublié pourtant, c’était de l’emmener, elle.
Oui,
ça, elle l’avait oublié… c’est clair…
Commentaires
C'est tout simplement enivrant, vos mots sont d'une sensualité... Vous faites rêver
Bravo & merci
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